[ Acceuil | Index | se connecter ]
start > piero > NationaleLaragne2008

NationaleLaragne2008

Nationale Laragne 2008

Après un début de printemps absolument déprimant, nous voici répartis à l’aventure ! 900 km de voiture avec Fabien Garing et Laurent Thevenot, on rejoins Laragne tard dans la nuit, et mon Papa, venu me supporter d’Italie, nous héberge dans son camping-car. Fabien monte sa tente juste à côté et il aura raison de le faire ! Mon paternel s’endors et commence à ronfler comme un ours à l’agonie, je passe (avec Laurent) une nuit d’enfer et le matin j’ai la tête dans le sac grave ! Bon, le soleil est présent, le ciel est bleu, c’est sûr, on va voler !

Premiere Manche

Briefing, et hop, 87 km au tableau avec un beau circuit autour de Laragne. Des parapentes décollent et de suite ils sont satellisés ! Le paysage est fantastique sur ce merveilleux site, j’ai une énorme envie de voler et même si le départ chrono est dans une bonne heure je décide de décoller de suite et en profiter un peu avant que la course soit lancée. Pendant une demi heure je me fais vraiment plaisir devant le décollage dans un ballet aérien composé de spirales montantes et descendantes, passages en vitesse et décrochages, en suite je m’en vais survoler la crête jusqu’au Col St. Jean en attendant le moment du départ. Les conditions sont excellentes, plafond pas loin de 3000 mètres, deux grappes au dessus du décollage matérialisent « les ascenseurs du ciel », je reviens du Col 15 min avant le départ en profitant du balisage thermique et en un clin d’œil je suis au plafond en compagnie de Mario Alonzi, Luis le colombien et mon pot Fabien . On est très bien placés au moment ou le chrono se déclenche (14.30hrs) et c’est parti plein Sud vers B1 le Vieux Noyer. Mario et Luis prennent l’avantage de suite, Fabien à ma droite 100 mètres au dessus est au taquet et me dépasse alors que je me rends compte que je suis en « mode touriste » en train de transiter tranquillement enchanté par le paysage et regardant mes copains s’en aller !! Je me mets deux grosse claques dans la gueule et je me réveille brutalement, je passe subitement en « mode course » et à 100 km/hr je file vers le Sud. A 2 km de la balise je me prends un +6.8 m/sec et je refais un plafond d’enfer, over-drive à fond je franchis le Vieux Noyer et je bascule plein pot vers B2 (la Motte du Caire). Le groupe de tête est plus au sud sur les avants reliefs en train de refaire du gaz, moi je dispose de 2800 m, je trace sur la plaine en visant le Rocher de Hongrie que j’estime pouvoir atteindre en finesse. Bonne surprise à mon arrivée sur le Rocher, je suis en tête, mais en arrivant légèrement en dessous de la crête j’ai du mal à passer à l’étage supérieur ! Prospection au vent du relief et boumm, 3 m/sec pour remonter dans le ciel et continuer le circuit. Le champion de France, Luis et Fabien arrivent comme des balles et en grappe compacte on reprend de l’altitude. Fabien attaque en premier suivi de Mario et Luis, je fais deux tours supplémentaires dans le thermique et je prends conscience d’avoir fait une erreur ! Ils me larguent d’environ 500 mètres et j’ai le plus grand mal à le recoller, petit relais avant B2, je remonte bien vite et je franchis la balise à toute vitesse, en suite je traverse la vallée plein Ouest en gardant la ligne de crête d’Aujour. Je recolle la groupe qui hésite à avancer dans le secteur et du coup Mario pars plein Sud en s’enfonçant vers les pentes Nord de St Genis sans que je puisse comprendre ce choix stratégique.Avec Luis et Fabien on garde la crête en plein dans l’axe de B3 (Serres) mais à quelques kms du franchissement on tombe du ciel ! Le vent est passé plein Nord, on est sous le vent du relief et en quelques instants on est dans le rouge ! A 2 km de B3 le bilan est consternant, Fabien et au ras du sol sur Serres et au moment où je le vois je pense réellement que pour lui c’est fini, Luis bénéficiant d’un léger avantage en altitude bascule sur la face nord et remonte sur la crête, Mario à disparu et moi je me bats au ras des arbres dans une bouilloire thermique sous le vent !! Finalement je regagne les quelques mètres nécessaires pour aller forcer le passage au vent et très rapidement je rejoins Luis, quand d’un coup je vois Fabien remonter en étroites spirales vers nous !! Bravo Fab, et quelle leçon de persévérance !! 200 m au dessus de la crête le thermique est perdu, je fonce suivi de Luis sur les pentes ensoleillées de St Genis vers B4 (Ventavon). Fabien part très bas sur les versants Sud de St Genis alimentés par la brise de vallée, Luis et moi sur les crêtes Nord du même relief. Gros pétard thermique quelques kms plus loin, je monte comme une balle quand je vois Luis plus bas partir vers la dernière balise, en suite ça va être barre au genoux jusqu’au but ! Je localise Fabien plus au Sud-Ouest en train de remonter aussi, j’ai l’avantage en altitude, je tire a fond mon over-drive et je franchis B4 à la vitesse de la lumière, Luis ayant quitté le thermique trop tôt est obligé de relâcher la barre et doser son plané final vers l’arrivée ! Les jeux sont faits, j’ai finesse 6 pour rentrer, je dépasse Luis qui doit me maudire au moment ou il me voit au dessus de sa tête, je franchis l’arrivée comme un boulet de canon ! Deuxième chrono de la manche derrière le Champion de France en titre, juste devant Luis et Fabien, mon Papa est très fier de moi ! Mais Mario où tu es passé ?? Il m’explique avoir vu le vent basculer Nord en observant un tracteur travailler un champ au sol et il est allé chercher la confluence en formation sur St Génis en quittant complètement l’axe de la balise ! Comme quoi, pour faire la différence, il faut vraiment tout observer ! Bravo Mario, tu n’es pas Champion par hasard !! Surprise à l’affichage du classement le soir ! Le nouveau programme informatique de calcul des points favorise les pilotes les plus offensifs sur les différents segments du circuit. Même si à l’arrivée j’ai un avantage de 2 minutes sur Fabien, lui, en ayant franchis les 2 premières balises avant moi il passe 2ème au classement et moi 3ème C’est le règlement, point final. En tous les cas j’ai des très bonnes sensations en l’air et j’arrive à localiser de suite mes erreurs et les moments ou je perds du temps sur le circuit. Le rythme de la couse reste quand même très soutenu, pourtant je n’ai ressenti aucune pression liée à la compète, mais l’énergie qu’il faut fournir sur un « simple » manche est énorme !! Sans vouloir vexer mon père en lui expliquant que j’ai besoin de dormir je monte ma tente le soir même et je m’écroule comme une masse jusqu’au matin.

Deuxième Manche

J’ai dormi comme un bébé (de 40 ans) et ce matin je péte le feu ! Ciel légèrement voilée, on monte sur Chabre, briefing et 75 km pour cette deuxième journée de couse ! La masse d’air est un peu plus instable aujourd’hui mais le plafond ne dépasse pas le 2400 m. Décollage et quelques difficultés à monter, en suite passé au dessus de la crête tout devient facile. Je me sens vraiment motivé et j’ai envie de me faire plaisir en sortant la grosse attaque !! Aucune difficulté à me mettre en attente en flirtant avec la base des nuages en compagnie de mes copains pilotes, à 2 min de la start je suis très bien placé pour le départ chrono. 2 min plus tard je file à 110 km/hr cap Ouest vers B1 le Col St. Jean. J’allume vraiment comme un malade et de suite je suis en tête de la course ! Mes copains ne traînent pas non plus mais quand ils s’approchent j’ai déjà franchi la balise et je suis de retour sur la ligne de crête. Je me fais exploser la tête par un méchant +5 m/sec et j’entame ma remontée vers le ciel, Mario est déjà avec moi avec Laurent Thevenot, Fabien pas loin ! Presque au plafond Laurent attaque en premier, j’abandonne la pompe déterminé à ne pas me faire distancer, Mario ne lâche pas le thermique et le poursuivants poussent derrière ! Je transite mieux que Laurent vers Beaumont dans l’axe de B2 (Aspres), je le dépasse et toujours en tête j’arrive sur Beaumont où un beau thermique me remonte de quelques centaines de mètres ! Laurent a le couteau entre les dents et file tout droit vers Aspres sans prendre un relais thermique, je quitte ma pompe et je trace juste au dessus de son aile. Vers B2 plusieurs zones d’hombre et des étalements de cumulus indiquent un changement météo. Je reste confiant et en visuel je dispose d’une bonne finesse pour arriver sur la crête d’Aspres où je pense me refaire de suite. Toujours en tête de course j’arrive légèrement en dessus du décollage d’Aspres partiellement en ombre ! Deux ailes « touristes » en dynamique 50 m au dessus, prospection, rien de bon ! En dynamique je fonce jusqu’aux antennes à l’Est et franchis la balise toujours premier avec un avantage que j’estime à environs 5 min. mais pas le moindre thermique dans le secteur pour remonter et partir au Sud vers B3 (Ventavon). Je recolle le relief en prospection intensive sur toute sa longueur jusqu’à l’extrémité Ouest et je reviens une fois de plus sur les antennes mais le bilan est dramatique. 50 m de gagné et mon avance fonds comme neige au soleil ! Comme le relief ne donne rien, je prends l’option au Sud vers l’aérodrome ou le contraste est bon mais la aussi rien du tout a part quelques bulles inconsistantes ! Je vois en altitude les premiers poursuivants me rejoindre, j’en prends un coup au moral ! Ils passent bien au dessus de ma tête et raccrochent un thermique plus au Nord par rapport à la balise !! Je fais demi-tour et je recolle le relief, un peu de dynamique et rien de plus, en suite ça déclenche mais la grappe s’en va au Sud et me distance !! Merde, en montant je dérive de plus en plus au Nord, la grappe d’attaquants est déjà loin , les retardataires arrivent aussi en grande confusion ! Je quitte le thermique à 2200 m et transite plein Sud avec environ 25km/hr de vent de façe, espérant rebondir sur les petits reliefs en vallée. Résultat : je m’effondre dans les basses couches et avec ce vent de face pas moyen d’attaquer les pentes au vent d’Aujour. J’essaye de forcer le passage sur Aujour mais largement en dessus de la crête je n’au aucune chance et une fois sous le vent la manche est terminé pour moi au kilomètre 53 ! Je pose mon aile dans un beau champ, imité plus tard par une belle grappe de poursuivants. Bizarrement je ne suis même pas déçu de mon vol, puisque je voulais attaquer et j’ai fait ce que j’avais à faire. Bon, d’une part je fais un erreur de précipitation en approche sur B2 en quittant la pompe à deux reprises avant le plafond, en suite un erreur d’analyse de l’évolution météo alors que des signes étaient assez évidents (secteur en ombre, étalements). Morale : Il faut mieux gérer les changements de rythme ! Gagner des compètes implique aussi savoir se retenir au maximum à des moments bien précis, l’attaque à outrance en général n’est jamais payante. Fabien très régulier rentre au but avec le groupe de tête et termine la compète tout en haut du classement. Moi je me fais « gronder » par mon père au retour à l’atterro, on boit une bonne bière en compagnie, ensuite en monte dans la voiture et tous à la maison ! Je rentre chez moi à 5.30 du matin, complètement épuisé, mais une fois de plus je ne le regrette absolument pas, le week end fut fantastique, quel pied, quel bonheur, quel plaisir et mercredi c’est reparti pour 4 jours de course à St Hilaire !

Toutes mes amitiés
Piero

Resultats

>>http://www.deltaplane.info/nat_resultats_2008.php

pas de commentaires | poster un commentaire

attachements
Créé pas piero. Derniere edition par piero, 2 années et 93 jours auparavant. Vu 133 fois. #3
[diff] [historique] [editer] [rdf]
snipsnap.org | Copyright 2000-2002 Matthias L. Jugel and Stephan J. Schmidt